ANDREE RAYBAUD : Mémoires Papousiens

AVANT PROPOS

Ces souvenirs sont ceux d’une petite fille qui sut très tôt prendre la mesure du monde des adultes : Ce sont, des rires, des chagrins, des réflexions d’enfants.
En Indien un Papouse est un petit enfant.





A mes parents


INTRODUCTION

Je suis née un dimanche d’une année incertaine et peu prometteuse. Halley n’empanachait pas l’azur de sa chevelure de glace : ce ne serait pas l’année du bon vin !!!

En ce qui me concerne : des Dieux trop occupés jouaient avec le fléau de ma balance, tout comme ma génitrice qui oubliait ce pour quoi elle était là. En effet, ma mère entre deux douleurs sombrait dans un sommeil réparateur. Je dus la vie à l’acharnement de l’obstétricien qui ne cessait d’encourager sa patiente à se débarrasser de son fardeau dont il ne garantissait plus la survie qui fit ouvrir un œil à ma mère, et la décision n’appartenant qu’à elle, une dernière contraction me propulsa dans la vie.

J’arrivai au monde le pouce à la bouche, ce qui dénotait d’un heureux caractère - dira ma grand-mère -, le front et les pommettes garnis d’un inesthétique duvet noir. Ma mère, regarda cette chose, ne dit mot, mais s’interrogea : qu’avait-elle pondu là ? Fort heureusement, cette pilosité disgracieuse disparue rapidement. Quant à mon père, bien que ce fut lui qui voulût un enfant qu’il avait espéré mâle, il avait des regrets, ma mère voulait une fille : elle était satisfaite.

Mes parents n’eurent pas d’autre enfant : je suffis à leur bonheur !

Dotée d’une poitrine généreuse, ma mère, fut une nourrice sèche. Je m’acharnai en vain sur ses seins généreux et comme je ne prenais guère de poids, on s’inquiéta. Il fallut un examen pour se rendre compte que le lait de ma mère insuffisamment nutritif compromettait mon développement. Tout la famille fut en émoi, ma grand-mère surtout qui se souvenait qu’en ce début de vingtième siècle elle n’avait hésité à sacrifier sa taille de guêpe à la consommation de bière qui disait-on favorisait la lactation. On décida donc de me mettre au lait en boite : Il était avarié : il m’empoisonna !...

Ma pilosité ayant disparu, j’étais devenue un poupon agréable à regarder ; ce coup du sort me transforma en une chose rougeaude, cloquée, gonflée qui faillit terminer là une aventure commencée de façon bien hasardeuse…

Est-ce la crainte d’être confrontée à d’autres problèmes de ce genre, et de ne pouvoir les gérer, ou la peur de n’avoir pas assez de temps à me consacrer mais ma mère se mit en quête d’une gouvernante : elle ne voulait pas d’une indigène, pourtant, bien des mères y avaient recours et semblaient en être satisfaites.

Ma nurse sera Suissesse Allemande!

Son visa n’avait pas été renouvelé : car elle n’avait pu trouver d’emploi à hauteur de ses qualifications. En effet elle sortait d’une grande école anglaise qui formait des générations de nurses et chacun sait avec quelle rigueur ces grandes institutions forment leurs troupes. Ses références étaient donc remarquables et pour parfaire ce tableau je vous dirai qu’avant la guerre elle avait été au service de la famille de l’Ambassadeur C… ?

C’est ainsi que cette belle jeune femme blonde entra dans ma vie : elle s’appelait Trudy.

En cette période troublée elle avait quitté son pays pour le Maroc où elle espérait trouver dans le milieu médical un emploi correspondant à ses compétences, car elle ne voulait plus avoir à s’occuper d’enfants. Je fus son dernier nourrisson……………………………………

































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