ANDREE RAYBAUD : MARQUISE










1ère lettre
Monsieur en voilà assez. Je ne tolérerai pas davantage vos manières. Êtes vous donc si seul qu’il vous faille ainsi me déranger. vous ne trouvâtes rien de moins que de m’envoyer vos gens en pleine nuit, sans vous soucier le moins du monde que vous risquiez de m’importuner, j’étais en galante compagnie. Monsieur de B qui ne pouvait contenir plus longtemps ses ardeurs venait de débouler tout à trac. Alors que nous étions fort occupés, ma chambrière qui me croyait seule, devant l’urgence de ce qu’elle pensait être votre agonie fit irruption dans mon boudoir et nous trouva sans dessus dessous, ce qui interrompit nos ébats et la bile m’en tourna[...]


2ème lettre
Mon ami, j’apprends que vous êtes encore indisponible, que dois-je en penser, est-ce par crainte de vous aventurer sur de mauvaises routes que vous remisez vos équipages ? Il est vrai que nous avons eu un temps pluvieux et que les ornières sont nombreuses pourtant, Il n’y a pas encore si longtemps ne braviez-vous pas tout ce qui pouvait contrarier nos rencontres[...] De nos amis vous croisent au gré des fêtes auxquelles vous ne manquez pas d’assister, il ne leur est pas apparu, contrairement à ce que vous laissez entendre, que vous fussiez le moins du monde souffrant. Je ne saurais trop vous conseiller un changement d’air qui mettrait de l’ordre dans vos humeurs qui j’ose l'espérer ne sont que celles du corps, celles de l’esprit étant moins aisées à guérir[...]


3ème lettre
[...]Vous m'écrivez courroucé de vous être enfin résolu à me rendre visite et de ne pas m'avoir trouvée. En voilà des façons; tambouriner à ma porte sans vous annoncer. Croyez vous mon cher que j'en sois à ce point à me morfondre de votre absence que je doive guetter aux carreaux la poussière de vos équipages. En rentrant j'ai été surprise de trouver quantité de billets que vous me fîtes chaque jour parvenir. Vous aurais-je manqué ou simplement ne supportez-vous pas que vos amis puissent se divertir sans vous et se passer, fort bien, de votre compagnie. Mon ami, ne supporteriez vous pas que l’on vous éconduise ?[...]


4ème lettre
[...]Vous êtes un coquin et si une longue complicité ne nous liait je vous interdirais ma maison. Comment avez vous pu trahir notre ami, qui certes à son âge n'aurait point dû se frotter à l'herbe tendre, mais il s’était engager à épouser cette enfant afin de lui donner un rang auquel elle ne pouvait prétendre. La déniaiser passe encore mais il a fallut que vous l’engrossiez, comment avez-vous endormi la vigilance de son chaperon, sans doute pour avoir cette jeunesse avez-vous séduit, bien qu’elle soit blette, cette pauvre Madame de C., rien ne vous rebute pour satisfaire vos appétits, l'âge vraiment ne vous vaut rien, vos manières s'en ressentent. Je vous connus noble, je vous vois barbon[...]


6ème lettre
[...]J'ai surpris Rosemonde de P. qui poursuivait de ses assiduités un bien jeune homme dont le rebondi de la culotte donnait à penser qu'il ne lui ménagerait pas sa peine. Notre amie connaît des difficultés financières. Son domaine est en de mauvaises mains, des sommes sont détournées et ses fermages ne lui rapportent guère. Aussi ce séjour est-il ruineux pour elle. Les tractations et marchandages que j'eus le déplaisir de surprendre abaissaient cette femme que nous connûmes si fière. Une bague eut raison des réticences du giton et l'affaire se conclue à la va-vite dans un bosquet sans qu'elle y trouvât son compte. Vous qui êtes un libertin allez trouver de la saveur à mon récit[...]






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